Le cancer bouleverse bien plus que le corps. Il touche à l’intime, à l’identité, au rapport à soi et…à la vie. Face à la maladie, beaucoup découvrent une fragilité nouvelle, parfois déroutante, souvent inconfortable. Comment accepter cette vulnérabilité sans se sentir diminué·e ? Comment vivre avec, sans se perdre ?
Accepter sa fragilité face au cancer n’est ni évident ni immédiat. C’est un chemin personnel, sinueux, qui mérite d’être reconnu et respecté. L’acceptation de sa fragilité, de sa vulnérabilité est un sujet qui revient souvent lors de mes accompagnements en onco-coaching quand on aborde l’estime de soi.
La vulnérabilité : une réponse humaine à une épreuve hors norme
La première étape consiste souvent à changer de regard sur ce que l’on appelle « fragilité ».
La peur, la fatigue, la tristesse, la colère ou le découragement ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des réponses humaines normales à une situation profondément anormale.
La maladie impose un choc : perte de contrôle, incertitude, transformation du corps. Se sentir vulnérable dans ce contexte ne signifie pas être faible, mais être vivant·e, conscient·e, touché·e. Reconnaître cela permet déjà d’alléger une partie de la culpabilité que beaucoup ressentent.
S’autoriser à ne pas être fort·e en permanence
Dans l’imaginaire collectif, le malade doit souvent être courageux, combatif, positif. Cette injonction, même bien intentionnée, peut devenir un poids immense.

Or, personne ne peut être fort·e tout le temps.
S’autoriser à ne pas aller bien, à être fatigué·e, à pleurer ou à douter, c’est se respecter. La maladie épuise, physiquement et émotionnellement. Elle n’enlève rien à la valeur de la personne.
Il est essentiel de distinguer la fatigue imposée par la maladie d’une prétendue faiblesse personnelle.
Mettre des mots sur la peur et l’incertitude
La vulnérabilité devient plus lourde lorsqu’elle reste silencieuse. Ce que l’on garde en soi finit souvent par peser davantage.
Parler permet de transformer une souffrance diffuse en quelque chose de partageable :
- confier ses peurs à une personne de confiance
- écrire ce que l’on ressent, sans filtre
- consulter un·e professionnel·le formé·e à l’accompagnement des personnes atteintes de cancer
- échanger avec un ou une patiente-partenaire
- rejoindre un groupe de patients ou d’anciens patients
Dire « j’ai peur » ou « je me sens fragile » n’aggrave pas la situation. Bien souvent, cela la rend plus supportable.
Reprendre du contrôle là où c’est possible
Face au cancer, une grande part de contrôle échappe. Mais il reste toujours des zones où l’on peut redevenir acteur ou actrice.
Cela peut être :
- choisir son rythme
- poser des limites
- décider à qui parler et quand
- créer des routines apaisantes
- prendre soin de soi à sa manière
Ces petits choix, parfois invisibles pour les autres, redonnent un sentiment de dignité et d’ancrage.

L’estime de soi, un socle pour accueillir sa fragilité
L’acceptation de sa fragilité est étroitement liée à la qualité de l’estime que l’on se porte. Le cancer ne met pas seulement le corps à l’épreuve : il peut profondément ébranler l’image de soi, le sentiment de valeur personnelle et la confiance intérieure. Lorsque l’estime de soi est fragilisée, la vulnérabilité peut être vécue comme une dévalorisation supplémentaire, voire comme un échec. À l’inverse, une estime de soi saine et bienveillante offre un appui essentiel pour traverser la maladie.
Travailler son estime de soi permet de se reconnaître une valeur indépendante de la performance, de la santé ou du regard des autres. Il ne s’agit pas de nier la fragilité, mais de l’accueillir sans jugement, en se rappelant que l’on reste une personne digne de respect, d’amour et de considération, même dans la dépendance, la fatigue ou la peur. Une estime de soi solide aide ainsi à accepter sa vulnérabilité non comme une perte de soi, mais comme une dimension humaine à intégrer, favorisant une relation plus douce et plus juste à soi-même tout au long du parcours de la maladie.
« En tant qu’humains, nous sommes imparfaits, incomplets, faillibles et fragiles. Au lieu de vouloir les fuir ou s’y résigner, nous pouvons accepter ces limites présentes en nous en transformant nos insatisfactions en regards neutres et en constats dénués de jugement. »
Apprendre à demander et recevoir de l’aide
Recevoir de l’aide est souvent difficile. Cela peut réveiller un sentiment de dépendance ou de dette.
Accepter l’aide c’est faire preuve d’empathie envers soi-même, c’est être à l’écoute de ses besoins, c’est nourrir l’amour de soi.
L’aide n’enlève rien à l’autonomie intérieure. Elle permet simplement de ne pas porter seul·e ce qui est trop lourd.
On peut voir l’aide comme un passage, un appui temporaire, non comme une définition de soi.
Redéfinir la notion de force
La force n’est pas uniquement dans la résistance ou le silence.
Elle se manifeste aussi dans :
- la capacité à reconnaître ses limites
- le courage de dire non
- l’acceptation du repos
- la décision de continuer malgré la peur
Accepter sa fragilité, c’est parfois la forme la plus profonde sa force intérieure.
L’acceptation n’est pas passivité ni résignation et ne signifie pas renoncement à l’action.

Se relier à ce qui soutient intérieurement
Certaines personnes trouvent un apaisement dans la spiritualité, d’autres dans la nature, l’art, l’écriture, la méditation ou la pleine conscience.
Il ne s’agit pas de « positiver à tout prix », mais de se reconnecter à quelque chose de plus vaste que la maladie, quelque chose qui donne du sens ou du réconfort.
“En 2015, je suis tombé malade, j’ai eu un cancer. J’ai alors éprouvé cet état de vulnérabilité absolue, qui nous touche face à une maladie potentiellement mortelle. J’avais bien compris devant les réactions des médecins que c’était du sérieux et qu’il pouvait se passer quelque chose de grave. Je suis devenu hypersensible : quand on entre dans ce circuit du soin, on capte tout, le moindre sourire, le moindre visage désagréable… J’ai vu à quel point, quand les soignants étaient doux, bienveillants, leur attitude était réparatrice, psychologiquement et biologiquement. La gentillesse d’une infirmière, tout à coup, me donnait pendant quelques heures un réconfort, une consolation, quelque chose qui agit sur le corps, qui suspend les souffrances, les inquiétudes. Cela aide à traverser ces moments difficiles.”
Interview de Christophe André – le 27 mars 2025 – Psychologie.com
Un processus vivant, non linéaire
Accepter sa fragilité face au cancer ne se fait pas une fois pour toutes.
Il y aura des jours d’apaisement et des jours de lutte. Des moments de confiance et d’autres de résistance.
Tout cela est normal.
La vulnérabilité n’est pas un état à corriger, mais une expérience à traverser. Elle peut devenir un lieu de douceur, de vérité et parfois même de transformation.
Reco. Lecture

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